Difference between revisions of "Modèle:ConsultCE2014:Maîtriser la Pollution Publicitaire"

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Le financement publicitaire est tentant pour les activités sur Internet, parce qu'il permet de contourner une difficulté : lorsqu'on fournit une valeur limitée à un nombre important de personnes, comment faire pour l'agréger de façon à assurer la pérennité d'une activité ? En vendant le temps d'attention de ces personnes multiples à un acteur unique (l'annonceur), on s'évite de convaincre un par un les usagers de nos productions ou services. Le problème, c'est que le prix à payer pour cette commodité est immense. Non seulement ce que l'on produit est pollué par l'intrusion publicitaire, non seulement les usagers payent celle-ci qu'ils le veulent ou non par inclusion dans le prix des produits et des services, mais c'est l'acte créatif ou expressif lui-même qui se met à viser non plus le public virtuel de ceux qui apprécieront peut-être une œuvre mais l'annonceur. Qui plus est la captation publicitaire dévore le temps, elle cherche toujours à retenir celui qu'elle a capturé, elle pousse à la concentration de l'attention sur un nombre limité de productions ou de personnes.
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Il n'est pas question ici d'interdire le recours à la publicité. Il s'agit de maîtriser ses méfaits, par exemple par l'autorisation sans condition des logiciels destinés aux usagers qui visent à retirer la publicité des contenus numériques ou par l'obligation d'un signalement approprié de tout contenu publicitaire. Des mécanismes de taxation spécifique de la publicité peuvent être envisagés, à conditions qu'ils portent sur toutes les régies indépendamment de leur nationalité ou de leur technologie.

Revision as of 18:54, 19 January 2014

10. Maîtriser la pollution publicitaire

Le financement publicitaire est tentant pour les activités sur Internet, parce qu'il permet de contourner une difficulté : lorsqu'on fournit une valeur limitée à un nombre important de personnes, comment faire pour l'agréger de façon à assurer la pérennité d'une activité ? En vendant le temps d'attention de ces personnes multiples à un acteur unique (l'annonceur), on s'évite de convaincre un par un les usagers de nos productions ou services. Le problème, c'est que le prix à payer pour cette commodité est immense. Non seulement ce que l'on produit est pollué par l'intrusion publicitaire, non seulement les usagers payent celle-ci qu'ils le veulent ou non par inclusion dans le prix des produits et des services, mais c'est l'acte créatif ou expressif lui-même qui se met à viser non plus le public virtuel de ceux qui apprécieront peut-être une œuvre mais l'annonceur. Qui plus est la captation publicitaire dévore le temps, elle cherche toujours à retenir celui qu'elle a capturé, elle pousse à la concentration de l'attention sur un nombre limité de productions ou de personnes.

Il n'est pas question ici d'interdire le recours à la publicité. Il s'agit de maîtriser ses méfaits, par exemple par l'autorisation sans condition des logiciels destinés aux usagers qui visent à retirer la publicité des contenus numériques ou par l'obligation d'un signalement approprié de tout contenu publicitaire. Des mécanismes de taxation spécifique de la publicité peuvent être envisagés, à conditions qu'ils portent sur toutes les régies indépendamment de leur nationalité ou de leur technologie.